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ANRS 12287

Demande et offre de dépistage du VIH et des hépatites virales B et C en Côte d’Ivoire

jeudi 7 février 2013
Mis à jour le dimanche 7 janvier 2018

Équipes

CEPED (Centre Population et Développement, France)

  • Joseph Larmarange (responsable scientifique)
  • Annabel Desgrées du Loû
  • Catherine Enel
  • Anne Bekelynck

PAC-CI (site ANRS de Côte d’Ivoire)

  • Christine Danel (responsable scientifique)
  • Xavier Anglaret
  • Raoul Moh
  • Patrick Coffie

ENSEA (École Nationale Supérieure de Statistique et d’Économie Appliquée , Côte d’Ivoire)

  • Élise Kacou (responsable scientifique)
  • Raïmi Fassassi
  • Serge Niangoran

Résumé

Ce projet fait suite au contrat d’initiation ANRS Freins au dépistage du VIH en Côte d’Ivoire : comment créer les conditions d’un dépistage universel ? Il s’inscrit dans la réflexion générale suscitée par l’ANRS sur la portée préventive du traitement antirétroviral. Cette problématique du « Traitement comme prévention » implique de réfléchir aux conditions et aux conséquences d’un « dépistage universel » et de la mise sous traitement très précoce de toutes les personnes dépistées positives. Dans la communauté scientifique française, cette réflexion se traduit notamment par l’essai Temprano en Côte d’Ivoire qui étudie les aspects cliniques et sociaux d’une mise sous traitement précoce en Côte d’Ivoire ou encore par l’essai TasP en Afrique du Sud qui implémente en milieu rural une stratégie dite Test and Treat.

En relation avec les équipes de ces projets, nous souhaitons interroger la problématique du dépistage en Côte d’Ivoire afin de procéder à une analyse approfondie de la structure de l’offre de dépistage (tant institutionnelle que communautaire) et des obstacles et facilitateurs actuels à ce dépistage, tant au niveau de l’offre (et en particulier les barrières à la proposition de test) qu’au niveau de la demande (en population générale et dans les groupes vulnérables) afin de pouvoir orienter les recommandations futures dans le domaine mais également de mettre en évidence les formes de dépistage (innovantes ou traditionnelles) à privilégier. Quelles seraient les formes / propositions de dépistage à privilégier à l’avenir ? Lesquelles seraient acceptables pour les populations et faisables pour les acteurs de santé ?

Au cours du contrat d’initiation, il nous est apparu nécessaire de prendre en compte non seulement le VIH mais aussi la question des hépatites virales B et C dont les prévalences sont élevées dans le pays mais qui restent peu connues de la population et rarement diagnostiquées.

Par ailleurs, le contexte actuel de la Côte d’Ivoire est marqué par un développement très rapide ces dernières années du téléphone mobile. Il devient dès lors envisageable de réaliser une enquête nationale en population générale avec un recrutement et une passation des questionnaires par téléphone, ce qui allègerait considérablement l’enquête nationale. Cependant, si les méthodes d’enquête par téléphone ont été testées et utilisées avec succès dans les pays du Nord, elles n’ont pas encore été utilisées en Afrique de l’Ouest.

Il nous semble donc primordial, avant de pouvoir mettre en place le projet complet, de procéder à une première étape de faisabilité, qui fait l’objet de cette demande de financement. Elle nous permettra de tester la faisabilité méthodologique, technique et financière d’une enquête nationale en population générale par téléphone mobile en contexte ivoirien ; explorer la problématique du dépistage des hépatites virales en Côte d’Ivoire ; et finaliser le protocole du projet final qui sera soumis ultérieurement pour financement.

Mots-Clés

Dépistage, VIH/Sida, Hépatites virales, Téléphone mobile, Méthodologie d’enquêtes

Zone géographique

Côte d’Ivoire

Calendrier

2013 (phase pilote)

Abstract

This project is the continuation of the initiation ANRS contract Barriers to HIV testing in Ivory Coast: what is the way forward towards universal HIV testing? It is part of the global debate initiated by the ANRS on the potential role of antiretroviral treatment (ART) on HIV prevention. This “Treatment as Prevention” (TasP) issue requires a thorough analysis of the conditions and consequences of “universal testing” and of early ART for all HIV-infected individuals. In the French scientific community involved in AIDS research, this had been translated into several research programmes in sub-Saharan Africa: in particular the Temprano trial in Ivory Coast assessing the clinical and social impact of early treatment; or the TasP trial in South Africa implementing a Test and Treat strategy in general population in a rural area.

In collaboration with these study teams, we aim to address the issue of testing in Ivory Coast in order to analysis thoroughly the current supply of institutional and community-based HIV, HVB and HVC testing; barriers and facilitators to testing both at the supply level (in particular the difficulties to provide routine test in services) and at the demand level (in general and at-risk populations). We want to assist the definition of the future recommendations concerning testing but also to identify the best testing approaches (traditional or innovating). Which kind of testing proposals are acceptable for people and realistic for health workers?

The initiation contract showed the necessity to investigate not only HIV testing but also the issue of B and C hepatitis testing. Prevalence of HVB and HVC are high in Ivory Coast but these infections remains almost unknown by people and rarely diagnosed.

The usage of mobile phone in Ivory Coast is increasing quickly: most of people have now a mobile phone. It’s becoming realistic to realize a national survey in general population using mobile phone (both for sampling and interviews). This approach would be cost-effective. However, this kind of surveys, tested with success in Europe and North America, has never been used in West Africa.

Before realising the full research project, a pilot phase is needed to test the methodological, technical and financial feasibility of a national survey by mobile phone; to explore the issue of hepatitis B and C in Ivory Coast; and to finalize the protocol of the full project. This current application concerns only the funding of the pilot phase.

Publications

Article de revue

2016


  • Larmarange Joseph, Kassoum Ouattara, Kakou Élise, Fradier Yves, Sika Lazare et Danel Christine (2016) « Faisabilité et représentativité d’une enquête téléphonique avec échantillonnage aléatoire de lignes mobiles en Côte d’Ivoire », Population, 71 (1) (juillet 1), p. 121-134. DOI : 10.3917/popu.1601.0121. http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=POPU_1601_0121.
    Mots-clés : Côte d’Ivoire, échantillonnage, Enquête par téléphone, faisabilité, représentativité, téléphone mobile.

  • Larmarange Joseph, Kassoum Ouattara, Kakou Élise, Fradier Yves, Sika Lazare, Danel Christine et DOD-CI ANRS 12287 Study Group (2016) « Feasibility and Representativeness of a Random Sample Mobile Phone Survey in Côte d’Ivoire », Population, Vol. 71 (1) (juillet 1), p. 121-134. http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=E_POPU_1601_0121.
    Résumé : This short paper presents the results of an exploratory pilot survey on HIV-AIDS screening (DOD-CI) conducted in Côte d’Ivoire to test the feasibility and representativeness of a national general population survey based on a random sample of mobile phone numbers. The refusal rate was low, and below the levels habitually observed for similar surveys conducted in France. In terms of representativeness, the sample obtained was younger, more urban and more masculine than the population in general. Four HIV-AIDS screening indicators were compared with those obtained in the Demographic and Health survey (DHS) conducted in 2011-2012. Owing to differences in selection biases affecting the two surveys, the indicators were higher than those observed in the DHS 2011-2012. However, the differences observed by sex, age group, level of education and place of residence were similar. This confirms the feasibility of applying such an approach for a national survey in Côte d’Ivoire, providing that several adjustments are made, such as including non-subscribers living in the same household as a mobile phone subscriber.
2015


  • Enel Catherine, Desgrées du Loû Annabel, N'Dri Yoman Thérèse, Danel Christine et Larmarange Joseph (2015) « Les hépatites virales B et C en Côte d’Ivoire : l’urgence d’une dynamisation de la lutte », Journal Africain d'Hépato-Gastroentérologie, 9 (3) (juin 6), p. 94-98. DOI : 10.1007/s12157-015-0596-6. http://link.springer.com/article/10.1007/s12157-015-0596-6.
    Résumé : En Côte d’Ivoire, malgré une prévalence d’environ 12% du VHB et 5% du VHC, le dépistage et la prise en charge des hépatites virales B et C demeurent très limités. Une étude qualitative a été menée en 2013 à Abidjan pour évaluer les modalités de dépistage et de prise en charge de ces infections. Les résultats révèlent la méconnaissance des hépatites tant dans la population générale que parmi les soignants non spécialistes. L’offre et la demande de dépistage sont restreintes et la formation insuffisante du personnel de santé engendre des occasions manquées. Seuls les donneurs de sang sont systématiquement dépistés, mais la prévention par la vaccination et la prise en charge sont peu effectives, faute de moyens financiers. Officiellement, les traitements sont disponibles, mais inaccessibles du fait de leur coût élevé, en l’absence de couverture maladie universelle. Le Programme National de Lutte contre les Hépatites Virales, créé en 2008, ne dispose pas du budget nécessaire pour pratiquer dépistage, prise en charge, prévention et campagnes de sensibilisation. L’absence de mobilisation financière internationale, comme celle qu’a connue l’épidémie de VIH, est vécue comme une injustice, tant par les médecins spécialisés qui ont les compétences pour traiter la maladie mais pas les moyens de les mettre au service des patients, que par les personnes porteuses d’une hépatite chronique B et/ou C. Il apparaît donc urgent de dynamiser et renforcer la lutte contre les hépatites B et C en Côte d’Ivoire.
    Mots-clés : Côte d’Ivoire, Dynamisation de la lutte, Fight dynamization, Gastroenterology, Hépatite B, Hépatite C, Hepatitis B, Hepatitis C, Infectious Diseases, Ivory Coast, Tropical Medicine.

Article de colloque

2017

  • Carillon Séverine, Bekelynck Anne, Assoumou Nelly, Kouadio Alexis, Ouantchi Honoré, Danel Christine, Larmarange Joseph et ANRS 12323 DOD-CI Group (2017) « “We need incentives!” Health care professionals' reluctance to propose systematically HIV testing during general consultation in Cote d'Ivoire » (poster MOPED1144), présenté à 9th IAS Conference on HIV Science (IAS 2017), Paris. http://programme.ias2017.org/Abstract/Abstract/4692.
    Résumé : Background To increase access to HIV testing, WHO recommended in 2007 provider-initiated HIV testing using a simplified but still exceptional approach in terms of pre-test counseling and consent. Cote d’Ivoire implemented in 2009 systematic HIV testing proposal in all medical consultations, irrespective of reasons. What are health care professionals (HCPs) perceptions and experiences related to testing proposal? Methods An ethnographic multi-site study was conducted in 3 general medical services (urban, semi-urban, rural) in 2 Ivorian health districts: 37 in-depth interviews with HCPs and 200 observed medical consultations (general medicine). A thematic analysis was performed on HCPs’ practices and discourses. Results The proportion of patients offered an HIV test was low (around 20%), due to HCPs’ reluctance to propose an HIV test in the absence of clinical suspicion. When offered, HIV test was more often prescribed than proposed. The analysis revealed 4 types of explanations in HCPs discourses. (1) Due to stigma associated to HIV, HCPs feared a negative reaction from their patients: refusal, offence, distrust, loss of patients. (2) Time-consuming specificity of HIV testing in terms of counseling, consent and administrative procedure (separate record and dedicated prescription) is perceived by HCPs as not useful and inducing a work overload that should be financially compensated or realized by dedicated providers, as it was before 2009. (3) In the absence of clinical suspicion, they considered that proposing an HIV test during a general consultation is not medically justified and not their priority. (4) Finally, HCPs felt that they are not sufficiently trained. Conclusion HCPs experiences and perceptions are negatively affected by the legacy of the successive HIV policies implemented since the beginning of the epidemy. Some complex procedures, historically implemented due to confidentiality and stigma issues, could maybe be simplified today. Integrating HIV testing in routine is a challenge considering that these activities were previously implemented with dedicated incentives, training and human resources. In a context of limited resources and mixed epidemic, how to prioritize and reorganize HIV testing in general consultations while motivating HCPs and being efficient in terms of public health?
2014
  • Enel Catherine, Desgrées du Loû Annabel, N'Dri Yoman Thérèse, Danel Christine, Larmarange Joseph et Groupe DOD-CI ANRS 12287 (2014) « Les hépatites virales B et C en Côte d’Ivoire : l’urgence d’une dynamisation de la lutte » (poster Po M20.18), présenté à 7e Conférence Internationale Francophone sur le VIH et les Hépatites (AFRAVIH), Montpellier.
    Résumé : En Côte d’Ivoire, la prévalence du VHB avoisine 12 %, celle du VHC 5 %, alors que celle du VIH serait d’environ 3 % actuellement. Malgré ces chiffres alarmants, le dépistage et la prise en charge des hépatites virales B et C demeurent très limités [Séri 2013]. Nous avons mené une enquête qualitative entre mars et juin 2013 à Abidjan, avec pour objectifs de faire un état des lieux des freins et modalités facilitatrices de l’offre et de la demande de dépistage des hépatites B et C, et d’évaluer le degré d’implication des décideurs et bailleurs en santé. Nos résultats montrent une grande méconnaissance de ces infections, tant en population générale que parmi les soignants non spécialistes. En matière de dépistage, l’offre est limitée, la demande quasi inexistante, et l’insuffisance de formation du personnel de santé engendre de nombreuses occasions manquées. Seuls les donneurs de sang sont systématiquement dépistés, mais sans prévention par la vaccination contre l’hépatite B ou prise en charge thérapeutique. Le coût élevé des traitements, officiellement disponibles, les rend inaccessibles en l’absence de couverture maladie universelle. Le Programme National de Lutte contre les Hépatites Virales, créé en 2008, ne dispose pas du budget nécessaire pour pratiquer dépistage, prise en charge, prévention et campagnes d’informations destinées au grand public. L’absence de forte mobilisation financière internationale, comme celle qu’a connue l’épidémie de VIH, est vécue comme une grande injustice, tant par les médecins spécialisés qui ont les compétences pour traiter la maladie mais pas les moyens de les mettre au service des patients, que par les personnes porteuses d’une hépatite chronique B et/ou C. Ces résultats alertent sur l’urgence d’alimenter un plaidoyer pour une dynamisation de la lutte contre les hépatites B et C en Côte d’Ivoire et la nécessité de poursuivre la recherche en ce domaine.

  • Larmarange Joseph, Kassoum Ouattara, Kacou Élise, Fradier Yves, Lazare Sika, Danel Christine et groupe DOD-CI ANRS 12287 (2014) « Faisabilité et Représentativité d’un échantillonnage aléatoire de lignes mobiles en Côte d’Ivoire : résultats d’une étude pilote » (communication orale), présenté à 8e Colloque Francophone sur les Sondages, Dijon. http://sondages2014.sfds.asso.fr/prog/#2014-11-18.
    Résumé : Nous présentons les résultats d’une enquête exploratoire pilote visant à tester la faisabilité et la représentativité d’une enquête nationale en population générale en Côte d’Ivoire à partir d’un échantillon aléatoire de numéros de téléphone portable. Nous montrons que les ivoiriens sont aisément joignables et acceptent facilement de répondre à des questions par téléphone, y compris sur des sujets sensibles. Les refus étaient peu nombreux et inférieurs à ce qui est usuellement observé dans des enquêtes similaires en France. En termes de représentativité, l’échantillon obtenu s’avère être plus jeune, plus urbain et plus masculin. Nous avons comparé quatre indicateurs avec l’Enquête Démographique et de Santé (EDS) réalisée en 2011/12. Du fait des biais de sélection de notre enquête (recrutement uniquement d’abonnés mobiles en particulier), les indicateurs mesurés étaient plus élevés que ceux observés dans l’EDS 2011/12. Cependant, les différentiels observés par sexe, groupe d’âges, niveau d’instruction et milieu de résidence étaient similaires dans les deux enquêtes. Il nous paraît envisageable de réaliser aujourd’hui une enquête nationale en Côte d’Ivoire selon cette approche, moyennant quelques ajustements, dont la prise en compte des non abonnés mobile résidant dans le même ménage qu’un abonné mobile.
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