ANRS 12287 DOD-CI

Demande et offre de dépistage du VIH et des hépatites virales B et C en Côte d’Ivoire

Projets de Recherche

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Équipes

CEPED (Centre Population et Développement, France)

  • Joseph Larmarange (responsable scientifique)
  • Annabel Desgrées du Loû
  • Catherine Enel
  • Anne Bekelynck

PAC-CI (site ANRS de Côte d’Ivoire)

  • Christine Danel (responsable scientifique)
  • Xavier Anglaret
  • Raoul Moh
  • Patrick Coffie

ENSEA (École Nationale Supérieure de Statistique et d’Économie Appliquée , Côte d’Ivoire)

  • Élise Kacou (responsable scientifique)
  • Raïmi Fassassi
  • Serge Niangoran

Résumé

Ce projet fait suite au contrat d’initiation ANRS Freins au dépistage du VIH en Côte d’Ivoire : comment créer les conditions d’un dépistage universel ? Il s’inscrit dans la réflexion générale suscitée par l’ANRS sur la portée préventive du traitement antirétroviral. Cette problématique du « Traitement comme prévention » implique de réfléchir aux conditions et aux conséquences d’un « dépistage universel » et de la mise sous traitement très précoce de toutes les personnes dépistées positives. Dans la communauté scientifique française, cette réflexion se traduit notamment par l’essai Temprano en Côte d’Ivoire qui étudie les aspects cliniques et sociaux d’une mise sous traitement précoce en Côte d’Ivoire ou encore par l’essai TasP en Afrique du Sud qui implémente en milieu rural une stratégie dite Test and Treat.

En relation avec les équipes de ces projets, nous souhaitons interroger la problématique du dépistage en Côte d’Ivoire afin de procéder à une analyse approfondie de la structure de l’offre de dépistage (tant institutionnelle que communautaire) et des obstacles et facilitateurs actuels à ce dépistage, tant au niveau de l’offre (et en particulier les barrières à la proposition de test) qu’au niveau de la demande (en population générale et dans les groupes vulnérables) afin de pouvoir orienter les recommandations futures dans le domaine mais également de mettre en évidence les formes de dépistage (innovantes ou traditionnelles) à privilégier. Quelles seraient les formes / propositions de dépistage à privilégier à l’avenir ? Lesquelles seraient acceptables pour les populations et faisables pour les acteurs de santé ?

Au cours du contrat d’initiation, il nous est apparu nécessaire de prendre en compte non seulement le VIH mais aussi la question des hépatites virales B et C dont les prévalences sont élevées dans le pays mais qui restent peu connues de la population et rarement diagnostiquées.

Par ailleurs, le contexte actuel de la Côte d’Ivoire est marqué par un développement très rapide ces dernières années du téléphone mobile. Il devient dès lors envisageable de réaliser une enquête nationale en population générale avec un recrutement et une passation des questionnaires par téléphone, ce qui allègerait considérablement l’enquête nationale. Cependant, si les méthodes d’enquête par téléphone ont été testées et utilisées avec succès dans les pays du Nord, elles n’ont pas encore été utilisées en Afrique de l’Ouest.

Il nous semble donc primordial, avant de pouvoir mettre en place le projet complet, de procéder à une première étape de faisabilité, qui fait l’objet de cette demande de financement. Elle nous permettra de tester la faisabilité méthodologique, technique et financière d’une enquête nationale en population générale par téléphone mobile en contexte ivoirien ; explorer la problématique du dépistage des hépatites virales en Côte d’Ivoire ; et finaliser le protocole du projet final qui sera soumis ultérieurement pour financement.

Mots-Clés

Dépistage, VIH/Sida, Hépatites virales, Téléphone mobile, Méthodologie d’enquêtes

Zone géographique

Côte d’Ivoire

Calendrier

2013 (phase pilote)

Abstract

This project is the continuation of the initiation ANRS contract Barriers to HIV testing in Ivory Coast: what is the way forward towards universal HIV testing? It is part of the global debate initiated by the ANRS on the potential role of antiretroviral treatment (ART) on HIV prevention. This “Treatment as Prevention” (TasP) issue requires a thorough analysis of the conditions and consequences of “universal testing” and of early ART for all HIV-infected individuals. In the French scientific community involved in AIDS research, this had been translated into several research programmes in sub-Saharan Africa: in particular the Temprano trial in Ivory Coast assessing the clinical and social impact of early treatment; or the TasP trial in South Africa implementing a Test and Treat strategy in general population in a rural area.

In collaboration with these study teams, we aim to address the issue of testing in Ivory Coast in order to analysis thoroughly the current supply of institutional and community-based HIV, HVB and HVC testing; barriers and facilitators to testing both at the supply level (in particular the difficulties to provide routine test in services) and at the demand level (in general and at-risk populations). We want to assist the definition of the future recommendations concerning testing but also to identify the best testing approaches (traditional or innovating). Which kind of testing proposals are acceptable for people and realistic for health workers?

The initiation contract showed the necessity to investigate not only HIV testing but also the issue of B and C hepatitis testing. Prevalence of HVB and HVC are high in Ivory Coast but these infections remains almost unknown by people and rarely diagnosed.

The usage of mobile phone in Ivory Coast is increasing quickly: most of people have now a mobile phone. It’s becoming realistic to realize a national survey in general population using mobile phone (both for sampling and interviews). This approach would be cost-effective. However, this kind of surveys, tested with success in Europe and North America, has never been used in West Africa.

Before realising the full research project, a pilot phase is needed to test the methodological, technical and financial feasibility of a national survey by mobile phone; to explore the issue of hepatitis B and C in Ivory Coast; and to finalize the protocol of the full project. This current application concerns only the funding of the pilot phase.

Publications

Article de revue

2016


  • Larmarange Joseph, Kassoum Ouattara, Kakou Élise, Fradier Yves, Sika Lazare et Danel Christine (2016) « Faisabilité et représentativité d’une enquête téléphonique avec échantillonnage aléatoire de lignes mobiles en Côte d’Ivoire », Population, 71 (1) (juillet 1), p. 121-134. DOI : 10.3917/popu.1601.0121. http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=POPU_1601_0121.
    Mots-clés : Côte d’Ivoire, échantillonnage, Enquête par téléphone, faisabilité, représentativité, téléphone mobile.

  • Larmarange Joseph, Kassoum Ouattara, Kakou Élise, Fradier Yves, Sika Lazare, Danel Christine et DOD-CI ANRS 12287 Study Group (2016) « Feasibility and Representativeness of a Random Sample Mobile Phone Survey in Côte d’Ivoire », Population, Vol. 71 (1) (juillet 1), p. 121-134. http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=E_POPU_1601_0121.
    Résumé : This short paper presents the results of an exploratory pilot survey on HIV-AIDS screening (DOD-CI) conducted in Côte d’Ivoire to test the feasibility and representativeness of a national general population survey based on a random sample of mobile phone numbers. The refusal rate was low, and below the levels habitually observed for similar surveys conducted in France. In terms of representativeness, the sample obtained was younger, more urban and more masculine than the population in general. Four HIV-AIDS screening indicators were compared with those obtained in the Demographic and Health survey (DHS) conducted in 2011-2012. Owing to differences in selection biases affecting the two surveys, the indicators were higher than those observed in the DHS 2011-2012. However, the differences observed by sex, age group, level of education and place of residence were similar. This confirms the feasibility of applying such an approach for a national survey in Côte d’Ivoire, providing that several adjustments are made, such as including non-subscribers living in the same household as a mobile phone subscriber.
2015


  • Enel Catherine, Desgrées du Loû Annabel, N'Dri Yoman Thérèse, Danel Christine et Larmarange Joseph (2015) « Les hépatites virales B et C en Côte d’Ivoire : l’urgence d’une dynamisation de la lutte », Journal Africain d'Hépato-Gastroentérologie, 9 (3) (juin 6), p. 94-98. DOI : 10.1007/s12157-015-0596-6. http://link.springer.com/article/10.1007/s12157-015-0596-6.
    Résumé : En Côte d’Ivoire, malgré une prévalence d’environ 12% du VHB et 5% du VHC, le dépistage et la prise en charge des hépatites virales B et C demeurent très limités. Une étude qualitative a été menée en 2013 à Abidjan pour évaluer les modalités de dépistage et de prise en charge de ces infections. Les résultats révèlent la méconnaissance des hépatites tant dans la population générale que parmi les soignants non spécialistes. L’offre et la demande de dépistage sont restreintes et la formation insuffisante du personnel de santé engendre des occasions manquées. Seuls les donneurs de sang sont systématiquement dépistés, mais la prévention par la vaccination et la prise en charge sont peu effectives, faute de moyens financiers. Officiellement, les traitements sont disponibles, mais inaccessibles du fait de leur coût élevé, en l’absence de couverture maladie universelle. Le Programme National de Lutte contre les Hépatites Virales, créé en 2008, ne dispose pas du budget nécessaire pour pratiquer dépistage, prise en charge, prévention et campagnes de sensibilisation. L’absence de mobilisation financière internationale, comme celle qu’a connue l’épidémie de VIH, est vécue comme une injustice, tant par les médecins spécialisés qui ont les compétences pour traiter la maladie mais pas les moyens de les mettre au service des patients, que par les personnes porteuses d’une hépatite chronique B et/ou C. Il apparaît donc urgent de dynamiser et renforcer la lutte contre les hépatites B et C en Côte d’Ivoire.
    Mots-clés : Côte d’Ivoire, Dynamisation de la lutte, Fight dynamization, Gastroenterology, Hépatite B, Hépatite C, Hepatitis B, Hepatitis C, Infectious Diseases, Ivory Coast, Tropical Medicine.

Article de colloque

2018
  • Inghels Maxime, Kouassi Arsène Kra, Niangoran Serge, Bekelynck Anne, Carillon Séverine, Sika Lazare, Danel Christine, Koné Mariatou et Larmarange Joseph (2018) « Dépistage du VIH à l'initiative d'un prestataire de santé à certains moments clés de la vie : cascade et facteurs associés. Résultat de l'enquête DOD-CI ANRS 12 323 en population générale, Côte d’Ivoire » (communication orale), présenté à 9e Conférence Internationale Francophone sur le VIH et les Hépatites Virales (AFRAVIH 2018), Bordeaux.
2017
  • Assoumou Nelly, Bekelynck Anne, Carillon Séverine, Kouadio Alexis, Ouantchi Honoré, Doumbia Mohamed, Danel Christine, Koné Mariatou, Larmarange Joseph et Groupe DOD-CI ANRS 12323 (2017) « Décaissements tardifs, irrégularités de salaires, budgets inadaptés : l’impact des modalités des financements internationaux sur les activités de dépistage communautaire en Côte d’Ivoire /// Nelly Assoumou, Anne Bekelynck, Séverine Carillon, Alexis Kouadio, Honoré Ouantchi, Mohamed Doumbia, Christine Danel, Mariatou Koné, Joseph Larmarange pour le groupe DOD-CI ANRS 12323 » (poster THPDC112), présenté à 19th ICASA International Conference on AIDS and STIs in Africa, Abidjan.
    Résumé : Contexte: En Côte d'Ivoire seuls 25% des hommes et 33% des femmes connaissent leur statut (EDS 2012) malgré le soutien technique et financier des bailleurs de fonds au secteur du dépistage du VIH. Objectif : Analyser la mise en œuvre de l'aide financière et technique des bailleurs et mettre en évidence ses impacts sur la pérennité des activités de dépistage du VIH en Côte d'Ivoire. Méthodes: Les données ont été recueillies dans le cadre du projet DOD-CI (ANRS 12323) en 2015 et 2016 dans les districts sanitaires de Cocody-Bingerville, Man et Aboisso. Des entretiens qualitatifs semi-directifs ont été réalisés auprès des institutions internationales (3), des ONG ivoiriennes (19), des Directions Départementales de la Santé (3) et de professionnels de santé (97). Ces entretiens ont été retranscrits sur le logiciel Nvivo et ont fait l'objet d'un codage selon une grille thématique en vue d'une analyse thématique et sémantique. Résultats: Au niveau du financement, les décaissements se font 4 mois après les dates prévues pour le démarrage des activités, ainsi seulement 50% des activités prévues peuvent être réalisées par certaines ONG. Les budgets prévus pour la couverture des charges pour le dépistage «communautaire» restent insuffisants. Ainsi, lorsque les activités sont réalisées dans des zones éloignées, seulement la moitié des activités peut être réalisée. Les rémunérations pour les services de dépistage assurés par les conseillers communautaires dans les structures sanitaires restent irrégulières. Cela provoque des absences. L'appui technique pourrait lui aussi être amélioré. En raison d'une insuffisance de formation, certains prestataires de soins, réfèrent leurs patients dans des centres périphériques. En termes de supervision, seules 3 visites sont réalisées en moyenne sur 6. Ce qui entraine un désintéressent vis-à-vis des activités de dépistage par les prestataires de soins. On note des ruptures d'intrants dans des structures sanitaires entrainant une suspension des activités pendant ces périodes. Conclusions et recommandations: Nous avons identifié des retards dans les décaissements, l´insuffisance des ressources financières, l´irrégularité des rémunérations, l´insuffisance de formation, de supervision et des ruptures d'intrants. Ces ruptures et irrégularités réduisent ou interrompent les activités. Une optimisation de l'appui financier et technique pourrait permettre une amélioration de la couverture du dépistage en Côte d'Ivoire.
  • Carillon Séverine, Bekelynck Anne, Assoumou Nelly, Kouadio Alexis, Ouantchi Honoré, Danel Christine, Koné Mariatou, Larmarange Joseph et Groupe DOD-CI ANRS 12323 (2017) « « Il y a des conseillers communautaires payés pour ça ! » Les réticences des soignants à la proposition systématique d'un test VIH en consultation de médecine générale. Le Cas de la Côte d'Ivoire » (poster THPDD255), présenté à 19th ICASA International Conference on AIDS and STIs in Africa, Abidjan.
    Résumé : Afin d'améliorer l'accès au dépistage du VIH, la Côte d'Ivoire, en suivant les recommandations de l'OMS, a décidé depuis 2009 de procéder à une proposition de dépistage du VIH dans tous les établissements de santé, à tous les patients, quelques soient leur motif de consultation. Si, dans cette perspective, la procédure de dépistage a été simplifiée, elle reste néanmoins exceptionnelle (proposition de test préalable, procédure administrative spécifique). Quelle expérience et quels points de vue les professionnels de santé en ont-ils ? Une étude ethnographique multi-site a été conduite dans trois services de médecine générale (urbain, semi urbain, rural) en Côte d'Ivoire, situés dans deux districts sanitaires. Plus de 200 consultations de médecine générale ont été observées quotidiennement. Des entretiens semi-directifs ont été conduits auprès de 22 professionnels de santé. La proportion de patients à qui un test est proposé est faible (environ 20%). Les soignants se montrent peu enclin à le proposer en dehors des cas de suspicion clinique pour lesquels le test est d'ailleurs plus souvent prescrit que proposé. Les réticences des soignants s'expriment à cinq niveaux : (1) Compte tenu des représentations négatives encore associées au VIH, les soignants redoutent les effets collatéraux d'une proposition de test en routine tels que le refus, la méfiance voire la déperdition des patients. (2) Ils contestent l'utilité de la procédure de dépistage (conseil pré-test et recueil de consentement) et sa lourdeur administrative (notification systématique des tests, ordonnance spécifique). (3) Cette procédure est en outre associée à une surcharge de travail qui auparavant faisait l'objet d'une compensation financière, ce qui n'est plus le cas et devrait, selon les soignants, être déléguée. (4) Le dépistage tous venants n'est perçu par les soignants ni légitime d'un point de vue médical, ni prioritaire hors des cas de suspicion clinique. (5) Les soignants déplorent un manque de formation officielle en matière de conseil et dépistage. Les attitudes de contestation des soignants sont le produit de l'exceptionnalité du dispositif de lutte contre le sida mis en place depuis le début de l'épidémie. L'intégration de la proposition de dépistage en routine souffre à présent de l'héritage de l'exceptionnalité du VIH. Comment arriver à sortir de cette exceptionnalité financière et administrative en gardant des soignants motivés ?

  • Carillon Séverine, Bekelynck Anne, Assoumou Nelly, Kouadio Alexis, Ouantchi Honoré, Danel Christine, Larmarange Joseph et ANRS 12323 DOD-CI Group (2017) « “We need incentives!” Health care professionals' reluctance to propose systematically HIV testing during general consultation in Cote d'Ivoire » (poster MOPED1144), présenté à 9th IAS Conference on HIV Science (IAS 2017), Paris. http://programme.ias2017.org/Abstract/Abstract/4692.
    Résumé : Background To increase access to HIV testing, WHO recommended in 2007 provider-initiated HIV testing using a simplified but still exceptional approach in terms of pre-test counseling and consent. Cote d’Ivoire implemented in 2009 systematic HIV testing proposal in all medical consultations, irrespective of reasons. What are health care professionals (HCPs) perceptions and experiences related to testing proposal? Methods An ethnographic multi-site study was conducted in 3 general medical services (urban, semi-urban, rural) in 2 Ivorian health districts: 37 in-depth interviews with HCPs and 200 observed medical consultations (general medicine). A thematic analysis was performed on HCPs’ practices and discourses. Results The proportion of patients offered an HIV test was low (around 20%), due to HCPs’ reluctance to propose an HIV test in the absence of clinical suspicion. When offered, HIV test was more often prescribed than proposed. The analysis revealed 4 types of explanations in HCPs discourses. (1) Due to stigma associated to HIV, HCPs feared a negative reaction from their patients: refusal, offence, distrust, loss of patients. (2) Time-consuming specificity of HIV testing in terms of counseling, consent and administrative procedure (separate record and dedicated prescription) is perceived by HCPs as not useful and inducing a work overload that should be financially compensated or realized by dedicated providers, as it was before 2009. (3) In the absence of clinical suspicion, they considered that proposing an HIV test during a general consultation is not medically justified and not their priority. (4) Finally, HCPs felt that they are not sufficiently trained. Conclusion HCPs experiences and perceptions are negatively affected by the legacy of the successive HIV policies implemented since the beginning of the epidemy. Some complex procedures, historically implemented due to confidentiality and stigma issues, could maybe be simplified today. Integrating HIV testing in routine is a challenge considering that these activities were previously implemented with dedicated incentives, training and human resources. In a context of limited resources and mixed epidemic, how to prioritize and reorganize HIV testing in general consultations while motivating HCPs and being efficient in terms of public health?
  • Inghels Maxime, Kra Kouassi Arsène, Bekelynck Anne, Carillon Séverine, Sika Lazare, Danel Christine et Larmarange Joseph (2017) « Comment Améliorer le Dépistage du VIH en Population Générale dans un Contexte d'Épidémie Mixte? Résultats Préliminaires de l'Étude DOD-CI (ANRS 12323) en Côte d'Ivoire » (communication orale WEAC0702), présenté à 19th ICASA International Conference on AIDS and STIs in Africa, Abidjan.
    Résumé : Contexte: Dans un contexte de financements contraints et une prévalence nationale du VIH estimée à « seulement » 3,7 % en population générale adulte, la réalisation de vastes campagnes de dépistage « tout venant » est difficilement soutenable en Côte d'Ivoire. Il est dès lors indispensable d'améliorer la couverture du dépistage volontaire ou de la proposition d'un test à certains « moments clés » du parcours sanitaire des individus. Objectif: Identifier les Opportunités Manquées de proposition de test (OM) et les Démarches de test Inabouties (DI) auprès des personnes n'ayant pas effectué de dépistage au cours des 5 dernières années. Méthodes: Une étude transversale a été réalisée par interviews téléphoniques auprès d'un échantillon représentatif de la population ivoirienne. Une OM était définie par l'absence de proposition de test lors d'une consultation pour des soins prénataux, une Infection Sexuellement Transmissible (IST) ou un bilan de santé pré maritale. Une DI était définie par une démarche de dépistage volontaire n'aboutissant pas sur un dépistage effectif de l'enquêté. Résultats: Sur les 2768 personnes interrogées (données préliminaires), 1 233 (51 % des hommes et 34 % des femmes) n'avaient pas réalisé de test au cours des 5 dernières années. Parmi eux, 34 % ont connu une situation où ils auraient pu être dépistés (OM uniquement : 11 % ; DI uniquement : 20 % ; OM et DI : 3 %). Les OM étaient plus fréquentes en cas de consultation pour une IST (65 %) et chez les hommes accompagnant leur femme à une consultation prénatale (65 %). Les OM concernaient principalement les hommes en zone rurale, sans assurance santé, ayant une richesse perçue faible et déclarant des facteurs de risques sexuels. Les DI concernaient les populations urbaines, jeunes et instruites, témoignant une précarité professionnelle (recherche d'un premier emploi), maritale (non marié légalement) et économique. Les principales raisons de DI aussi bien chez les femmes que chez les hommes étaient liées à la peur du résultat (35 %) suivi du manque de temps ou une file d'attente trop longue (22 %). Conclusion: Plus d'un tiers des personnes non dépistées aurait pu être testées à l'occasion d'un évènement indicateur ou si elles étaient allées au bout de leur démarche de test. L'atteinte du dépistage universel en Afrique de l'Ouest, prélude indispensable de l'objectif 90-90-90 des Nations Unies, nécessite d'identifier les leviers d'actions qui permettront de réduire ces occasions manquées. Close
  • Kouadio Alexis, Carillon Séverine, Bekelynck Anne, Assoumou Nelly, Danel Christine, Ouantchi Honoré, Larmarange Joseph, Doumbia Mohamed, Koné Mariatou et Groupe DOD-CI ANRS 12323 (2017) « Dépistage du VIH « hors les murs » en Côte d’Ivoire : des prestataires communautaires sous pression » (poster TUPDC152), présenté à 19th ICASA International Conference on AIDS and STIs in Africa, Abidjan.
    Résumé : Contexte: L'objectif 90-90-90 des Nations Unies vise à atteindre une couverture universelle du dépistage du VIH. Ainsi, plusieurs stratégies ont été implémentées en Côte d´Ivoire dont le dépistage dit «hors les murs» qui vise à aller au-devant des populations cibles. Dans un contexte de limitation des financements, certains bailleurs, cherchant à maximiser le rendement au test par la mesure du taux de séropositivité ont adopté depuis quelques années une politique visant à limiter un dépistage «tout-venant» jugé inefficace au profit de stratégies de plus en plus ciblées. D'autres maintiennent par contre le dépistage en population générale avec des objectifs quantifiés. Objectifs: Comment les contraintes induites par les politiques des bailleurs influent-elles la pratique du dépistage « hors les murs » par les ONGs chargées de sa mise en œuvre? Méthodes: Cette étude a été réalisée à partir d'une recherche qualitative conduite dans trois districts sanitaires de la Côte d'Ivoire en 2015-2016. 21 activités de dépistage «hors les murs» du VIH ont été observées et 74 entretiens ont été réalisés avec 22 prestataires de santé, 6 acteurs associatifs, 11 responsables communautaires et 35 personnes dépistées ou à qui le test a été proposé. Résultats: Les orientations stratégiques des bailleurs sont déclinées par les partenaires techniques et financiers sous formes de cibles restreintes et d'objectifs mesurables, définis par zones géographiques et imposés aux ONGs de mise en œuvre. Face à cela, certaines ONGs adoptent des stratégies de contournement pour atteindre leurs résultats : interventions dans d´autres zones que celles définies, dépistage de personnes «hors cible», contraction de la durée dédiée au conseil et au dépistage, dépistage quémandé et forcé. Aussi, le dépistage est réalisé dans des conditions de manque de confidentialité et d'hygiène, par des prestataires non légalement formés au dépistage et non issus de la population cible. Conclusions: Face aux contraintes induites par les directives des bailleurs, les ONGs de mise en œuvre adoptent des stratégies de contournement pour atteindre leurs objectifs. La conséquence en est une dégradation de la qualité et de l'efficacité du dépistage «hors les murs» du VIH. Un meilleur dialogue entre partenaires et ONGs de mise en œuvre serait souhaitable dans la définition des politiques de dépistage et des cibles à atteindre.
2014
  • Enel Catherine, Desgrées du Loû Annabel, N'Dri Yoman Thérèse, Danel Christine, Larmarange Joseph et Groupe DOD-CI ANRS 12287 (2014) « Les hépatites virales B et C en Côte d’Ivoire : l’urgence d’une dynamisation de la lutte » (poster Po M20.18), présenté à 7e Conférence Internationale Francophone sur le VIH et les Hépatites (AFRAVIH), Montpellier.
    Résumé : En Côte d’Ivoire, la prévalence du VHB avoisine 12 %, celle du VHC 5 %, alors que celle du VIH serait d’environ 3 % actuellement. Malgré ces chiffres alarmants, le dépistage et la prise en charge des hépatites virales B et C demeurent très limités [Séri 2013]. Nous avons mené une enquête qualitative entre mars et juin 2013 à Abidjan, avec pour objectifs de faire un état des lieux des freins et modalités facilitatrices de l’offre et de la demande de dépistage des hépatites B et C, et d’évaluer le degré d’implication des décideurs et bailleurs en santé. Nos résultats montrent une grande méconnaissance de ces infections, tant en population générale que parmi les soignants non spécialistes. En matière de dépistage, l’offre est limitée, la demande quasi inexistante, et l’insuffisance de formation du personnel de santé engendre de nombreuses occasions manquées. Seuls les donneurs de sang sont systématiquement dépistés, mais sans prévention par la vaccination contre l’hépatite B ou prise en charge thérapeutique. Le coût élevé des traitements, officiellement disponibles, les rend inaccessibles en l’absence de couverture maladie universelle. Le Programme National de Lutte contre les Hépatites Virales, créé en 2008, ne dispose pas du budget nécessaire pour pratiquer dépistage, prise en charge, prévention et campagnes d’informations destinées au grand public. L’absence de forte mobilisation financière internationale, comme celle qu’a connue l’épidémie de VIH, est vécue comme une grande injustice, tant par les médecins spécialisés qui ont les compétences pour traiter la maladie mais pas les moyens de les mettre au service des patients, que par les personnes porteuses d’une hépatite chronique B et/ou C. Ces résultats alertent sur l’urgence d’alimenter un plaidoyer pour une dynamisation de la lutte contre les hépatites B et C en Côte d’Ivoire et la nécessité de poursuivre la recherche en ce domaine.

  • Larmarange Joseph, Kassoum Ouattara, Kacou Élise, Fradier Yves, Lazare Sika, Danel Christine et groupe DOD-CI ANRS 12287 (2014) « Faisabilité et Représentativité d’un échantillonnage aléatoire de lignes mobiles en Côte d’Ivoire : résultats d’une étude pilote » (communication orale), présenté à 8e Colloque Francophone sur les Sondages, Dijon. http://sondages2014.sfds.asso.fr/prog/#2014-11-18.
    Résumé : Nous présentons les résultats d’une enquête exploratoire pilote visant à tester la faisabilité et la représentativité d’une enquête nationale en population générale en Côte d’Ivoire à partir d’un échantillon aléatoire de numéros de téléphone portable. Nous montrons que les ivoiriens sont aisément joignables et acceptent facilement de répondre à des questions par téléphone, y compris sur des sujets sensibles. Les refus étaient peu nombreux et inférieurs à ce qui est usuellement observé dans des enquêtes similaires en France. En termes de représentativité, l’échantillon obtenu s’avère être plus jeune, plus urbain et plus masculin. Nous avons comparé quatre indicateurs avec l’Enquête Démographique et de Santé (EDS) réalisée en 2011/12. Du fait des biais de sélection de notre enquête (recrutement uniquement d’abonnés mobiles en particulier), les indicateurs mesurés étaient plus élevés que ceux observés dans l’EDS 2011/12. Cependant, les différentiels observés par sexe, groupe d’âges, niveau d’instruction et milieu de résidence étaient similaires dans les deux enquêtes. Il nous paraît envisageable de réaliser aujourd’hui une enquête nationale en Côte d’Ivoire selon cette approche, moyennant quelques ajustements, dont la prise en compte des non abonnés mobile résidant dans le même ménage qu’un abonné mobile.
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